Plus d’une dizaine de conseils municipaux ont été dissous par les gouvernements successifs de la Transition. Le dernier en date est celui de la commune I du district de Bamako, dont la révocation a été annoncée en Conseil des ministres pour des raisons de mauvaise gestion et de dysfonctionnement.
La liste des collectivités territoriales placées sous tutelle administrative s’allonge. Le vendredi 23 octobre 2026, le Conseil des ministres a acté la dissolution du conseil municipal de la commune I du district de Bamako. Composé de 45 membres et dirigé par le maire Oumar TOGO, cet organe de la collectivité fait ainsi les frais d’une gestion décriée.
Depuis quelque temps, un front s’était ouvert au sein même de cette commune. Des conseillers municipaux, des usagers et des populations dénonçaient ouvertement une mauvaise gestion administrative ainsi que des dysfonctionnements répétés dans la conduite des affaires locales.
La situation a pris une tournure critique lorsque le Vérificateur général s’est saisi du dossier, mettant en lumière des irrégularités financières se chiffrant à plusieurs millions de francs. Dans un rapport portant sur trois exercices, le Vérificateur général a constaté de présumées irrégularités d’un montant de 331 506 133 FCFA.
À titre d’exemple, l’équipe de vérification a constaté que les chefs et les régisseurs des centres secondaires d’état civil de la commune I du district de Bamako n’ont pas procédé au reversement intégral des frais perçus pour la célébration des mariages à la régie de recettes de la commune. En effet, sur un montant total perçu de 312 457 500 FCFA, ils n’en ont reversé que 118 322 700 FCFA. Il en résulte un écart de 194 134 800 FCFA non reversé au régisseur de recettes.
Élus lors des élections communales de 2016, ces conseils municipaux voyaient leurs mandats prorogés, notamment en raison de ces situations et de ces constats d’irrégularités financières dans la gestion des affaires locales.
Depuis quelques années, le gouvernement, à travers le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, a multiplié les mesures de dissolution à l’encontre de conseils communaux reconnus coupables de fautes graves, de dysfonctionnements ou de manquements caractérisés à la bonne gouvernance.
En novembre 2023, le conseil de la mairie du district de Bamako, ainsi que ceux des communes II et IV, ont été dissous par le Conseil des ministres.
En janvier 2024, dans la région de Koulikoro, les conseils communaux de Kati, Koula, Kambila et Zan Coulibaly sont venus s’ajouter à la liste.
Par ailleurs, en septembre 2024, le ministère de tutelle a obtenu la dissolution de quatre conseils pour mauvaise gestion, concernant les municipalités de Kéniéba, Sitakily, Moribabougou et Nouga.
Ensuite, en janvier 2025, ce fut au tour des communes rurales de Dialakorodji et de Safo, dans la région de Koulikoro, d’être dissoutes pour violations de la loi et dysfonctionnements constatés.
PAR SABA BALLO







