En prélude au lancement des activités de la Journée internationale de la fille, célébrée le 11 octobre de chaque année, Plan International Mali a animé une conférence de presse ce mercredi 7 octobre 2026 dans ses locaux. L’objectif était d’informer et d’engager les professionnels des médias sur les problématiques affectant la vie des enfants, en particulier celle des filles, au Mali.
Cette conférence, co-animée par M. Drissa DABONE, directeur adjoint chargé des programmes de Plan International Mali, et Mme Fanta N’DIAYE, représentante de la Direction nationale de la promotion de l’enfant, s’est tenue en présence des représentants des organisations membres de l’Alliance « Joining Forces ».
À quelques jours de cette célébration, les acteurs de la protection des droits de la fille ont une nouvelle fois attiré l’attention sur les difficultés auxquelles elles sont confrontées, notamment le mariage d’enfants. Au Mali, la Journée internationale de la fille sera célébrée sous le thème : « Investir dans l’éducation et la culture pour une meilleure sensibilisation sur les conséquences du mariage d’enfants et la promotion des droits de la fille ».
À l’occasion de cette journée, les organisations prévoient cette année des actions de plaidoyer et de campagne. Pour sa part, Plan International lancera, en marge de la JIF, une campagne mondiale dénommée « Soutenons Son Avenir ».
Lors de la conférence de presse, Drissa DABONE a rappelé que depuis 2012, le 11 octobre est consacré à la reconnaissance des droits des filles et à la sensibilisation sur les défis particuliers auxquels elles font face, parmi lesquels l’abandon scolaire, les violences, les mutilations génitales féminines, les grossesses précoces et, surtout, le mariage d’enfants.
S’agissant du mariage d’enfants, pratique très ancrée dans notre pays, les chiffres sont alarmants, soutient le responsable de Plan International Mali. Selon lui, environ 12 millions de filles sont mariées chaque année dans le monde avant l’âge de 18 ans. Cette pratique est à l’origine de l’abandon scolaire d’un nombre important de filles.
« Ces données du Cluster éducation d’avril 2026 montrent qu’au-delà du mariage d’enfants, les crises qui perturbent la scolarisation peuvent également renforcer les vulnérabilités des filles », a indiqué M. DABONE.
Selon lui, le rapport sur la situation des filles dans le monde, publié le 5 octobre 2026 sous le titre « Changeons son avenir », vient renforcer les préoccupations des organisations en faveur de la défense des droits des enfants et des filles.
Les résultats mettent notamment en évidence le lien entre les changements climatiques et les risques auxquels sont exposées les filles. Pour les acteurs, 9 filles sur 10 interrogées déclarent que les événements climatiques exercent une forte pression sur la survie, la santé et la stabilité de leur famille.
La sécheresse apparaît comme l’un des phénomènes les plus régulièrement associés à l’augmentation du mariage d’enfants. Lorsque les récoltes, le bétail et les revenus diminuent, certaines familles peuvent considérer le mariage de leur fille comme une stratégie de survie.
Les filles deviennent alors davantage exposées à l’abandon scolaire, aux violences, aux grossesses précoces et à l’exploitation, a affirmé Mme N’DIAYE.
Face à ces défis, les acteurs insistent sur l’importance de l’éducation. « Une fille scolarisée dispose davantage d’informations et de moyens pour défendre ses droits et participer aux décisions concernant son avenir », a indiqué Mme N’DIAYE.
Pour les autorités et les partenaires, investir dans les écoles, les infrastructures adaptées, la protection et l’accompagnement des familles vulnérables constitue donc un moyen concret de lutter contre le mariage d’enfants.
Par Amina SISSOKO








