Notre capitale, Bamako, abrite depuis lundi la 5ᵉ réunion des ministres chargés de l’Industrie et du Commerce de la Confédération des États du Sahel (AES). Placée sous la présidence du Premier ministre malien, le Général de Division Abdoulaye MAÏGA, cette rencontre stratégique réunit les délégations du Burkina Faso, du Mali et du Niger avec un objectif clair : accélérer l’intégration économique et bâtir un espace commercial solidaire et résilient.
À l’ouverture des travaux, le chef du gouvernement malien a donné le ton en insistant sur la nécessité impérative de concrétiser la libre circulation des personnes, des biens et des services au sein de la confédération.
Pour étayer cette ambition, les chiffres parlent d’eux-mêmes. S’appuyant sur les données de surveillance commerciale de l’UEMOA pour la période 2021/2022, les échanges intra-AES s’établissent à 351,6 milliards de FCFA, soit environ 17,09 % des échanges globaux des trois pays avec l’espace communautaire. Si ce volume témoigne d’un dynamisme certain, les autorités estiment qu’il reste largement perfectible au regard des potentialités productives de la région.
Afin de stimuler ces flux, la feuille de route ministérielle met l’accent sur des mesures concrètes, notamment : La fluidification des corridors logistiques pour réduire les délais et les coûts de transport ; L’élimination des barrières non tarifaires et des tracasseries administratives ou informelles ; L’implication active du secteur privé pour dynamiser l’investissement transfrontalier.
Au-delà de la simple circulation des marchandises, la réunion de Bamako fait la part belle à la transformation structurelle des économies sahéliennes.
Les ministres et les experts se penchent activement sur les recommandations relatives à l’industrialisation, à l’entrepreneuriat et à la compétitivité des entreprises locales.
L’enjeu stratégique est de rompre avec le modèle d’exportation de matières premières brutes pour encourager la valeur ajoutée sur place, à travers notamment la création d’une centrale d’achat commune et d’un meilleur encadrement de la production locale.
Les travaux devront accoucher d’une feuille de route opérationnelle, destinée à traduire les ambitions politiques de l’AES en réalités tangibles pour les populations du Sahel.
Par Abdoulaye OUATTARA








